Les règles de la rénovation énergétique évoluent vite. Entre le nouveau calcul du DPE, le recentrage de MaPrimeRénov’ et l’arrivée de solutions de financement pour les copropriétés, il faut s’y retrouver avant de lancer des travaux. Tour d’horizon des changements qui vont marquer l’année.
DPE 2026 : un nouveau calcul pour plus de justice entre les énergies
Le diagnostic de performance énergétique (DPE) va connaître un changement de taille. La méthode de calcul sera revue pour rapprocher les logements chauffés au gaz de ceux qui utilisent l’électricité. Aujourd’hui, les passoires thermiques sont majoritairement des maisons mal isolées. Demain, le DPE accordera une place plus importante à l’isolation thermique et à l’efficacité réelle du bâti.
Cette refonte vise à rendre les résultats plus lisibles pour les acheteurs et les locataires. Un logement très bien isolé mais chauffé au gaz pourra obtenir une meilleure note qu’un logement électrique mal isolé. L’objectif : encourager la transition énergétique sans pénaliser les ménages qui n’ont pas accès à certaines énergies.
| Critère | Parcours par geste | Rénovation d'ampleur |
|---|---|---|
| Travaux financés | PAC air-eau, chauffe-eau thermodynamique | Bouquet : isolation + chauffage + ventilation |
| Fenêtres et combles | Exclus au 1er sept. 2026 | Éligibles s'ils font partie du projet global |
| Accompagnement | Non obligatoire | Obligatoire (MonAccompagnateurRénov') |
| Montant d'aide | Moins élevé, travaux isolés | Plus élevé, rénovation complète |
| Objectif | Petits gestes | Faire sortir le logement des passoires |
Quelles conséquences pour la vente et la location ?
Le DPE reste un élément décisif dans une transaction. À partir de cette nouvelle version, les annonces devront afficher une note plus fiable. Les propriétaires de logements classés F ou G devront prévoir des travaux avant de mettre leur bien sur le marché. Les locateurs, eux, devront suivre de près les nouvelles règles pour éviter les locations interdites.
Prenons un exemple : une maison des années 1970 chauffée au gaz, avec des combles perdus. Sans isolation, elle restera classée E malgré son chauffage récent. Une fois les combles isolés et les fenêtres changées, elle peut passer en C. Cette amélioration change la valeur du bien et ouvre droit à des aides financières.
MaPrimeRénov’ : un recentrage des aides financières
Le dispositif MaPrimeRénov’ continue d’évoluer pour pousser les travaux les plus efficaces. Le parcours par geste, qui finançait des actions isolées comme le remplacement de fenêtres ou l’isolation des combles, va être fortement réduit. À compter du 1er septembre 2026, plusieurs opérations ne seront plus éligibles dans ce cadre. L’isolation des combles, de la toiture ou des fenêtres sortira du parcours par geste. En revanche, la pompe à chaleur air-eau reste financée.
Cette décision peut surprendre. Mais elle s’explique : les travaux isolés n’apportent qu’une amélioration limitée. Un logement mal isolé reste énergivore même avec une pompe à chaleur performante. Le gouvernement veut donc concentrer les subventions rénovation sur des projets d’ensemble, capables de faire passer un bâtiment sous le seuil des 331 kWh/m²/an, vers le statut de bâtiment basse consommation.
Le parcours par geste se resserre, la rénovation d’ampleur prend le relais
Concrètement, les ménages qui veulent isoler leurs combles devront envisager un bouquet de travaux. L’idée : associer l’isolation thermique à un changement de chauffage, ou à une ventilation performante. Ce parcours « rénovation d’ampleur » offre des montants d’aide plus élevés. Il exige aussi un accompagnement par un opérateur agréé, comme MonAccompagnateurRénov’.
Les foyers qui avaient prévu de simples travaux de menuiserie devront revoir leur copie. Une famille qui souhaitait remplacer ses vieilles fenêtres par du double vitrage ne pourra plus compter sur MaPrimeRénov’ par geste. Elle devra intégrer ce remplacement dans un projet global, avec l’isolation des murs ou du toit. Une contrainte qui peut devenir une chance : l’aide finale couvre souvent une part plus large du chantier.
Voici la liste des travaux qui seront exclus du parcours par geste à partir du 1er septembre 2026 :
- 🧱 Isolation des combles
- 🏠 Isolation des toitures
- 🪟 Remplacement des fenêtres et portes-fenêtres
- 🚪 Isolation des portes donnant sur l’extérieur
La pompe à chaleur air-eau, elle, reste éligible. Les chauffe-eau thermodynamiques aussi. Le gouvernement conserve ces équipements, car ils permettent de décarboner le chauffage à un coût raisonnable.
Copropriétés : le prêt collectif, une nouvelle solution pour financer les travaux
Les copropriétés représentent un gisement important d’économies d’énergie. Mais les travaux sur les parties communes sont souvent longs à monter. Pour faciliter la décision, un prêt collectif fait son apparition en 2026. Il permet à une copropriété d’emprunter un montant global, sans passer par des prêts individuels pour chaque copropriétaire. La somme est ensuite remboursée via les charges.
Ce dispositif s’adresse aux immeubles qui doivent réaliser une isolation thermique par l’extérieur, remplacer une chaudière collective ou installer une ventilation performante. Les copropriétés peuvent cumuler ce prêt avec MaPrimeRénov’ copropriété, une aide déjà existante. L’intérêt : avancer sur des chantiers lourds sans attendre une trésorerie complète.
Les autres aides accessibles : CEE, éco-PTZ, certificats d’économie d’énergie
Au-delà de MaPrimeRénov’, plusieurs dispositifs complètent le financement. Les certificats d’économies d’énergie (CEE) restent valables pour les copropriétés et les maisons individuelles. L’éco-prêt à taux zéro, ou éco-PTZ, permet d’emprunter jusqu’à 50 000 € sans intérêts pour financer un bouquet de travaux.
Il ne faut pas oublier les aides locales. Certaines régions proposent des subventions à la rénovation, cumulables avec les dispositifs nationaux. Un particulier peut ainsi financer une isolation des murs avec MaPrimeRénov’, un coup de pouce CEE et une aide locale. Le reste à charge devient alors très accessible.
Prenons l’exemple d’une copropriété à Lyon. Ses habitants ont isolé la façade, remplacé la chaudière gaz par une pompe à chaleur collective et installé des compteurs individuels. Le coût total atteignait 580 000 €. Avec le prêt collectif, les cotisations n’ont augmenté que de 35 € par mois et par logement, aides déduites.
Comment préparer votre projet avant les nouvelles règles
La première étape consiste à faire réaliser un audit énergétique par un professionnel certifié. Ce diagnostic de performance énergétique, couplé à un audit réglementaire, donne une vision claire des travaux prioritaires. Il permet aussi de chiffrer les gains d’efficacité énergétique et de comparer les devis.
Mieux vaut anticiper les échéances. Les demandes de MaPrimeRénov’ doivent être déposées avant le démarrage des travaux. En cas de projet complexe, il est conseillé de faire appel à un accompagnateur. Son rôle : monter le dossier, choisir les artisans certifiés RGE et vérifier que les travaux respectent les exigences du bâtiment basse consommation.
Ce qui change vraiment pour vos travaux
Est-ce que je peux encore changer mes fenêtres avec MaPrimeRénov' en 2026 ?
Après le 1er septembre 2026, plus dans le parcours par geste. Il faudra intégrer les fenêtres dans un bouquet de travaux avec isolation ou changement de chauffage.
Le DPE va-t-il vraiment changer ma note ?
La note peut changer selon la nouvelle méthode de calcul. Un logement bien isolé au gaz peut passer devant un logement électrique mal isolé. L'isolation devient le critère principal.
Faut-il obligatoirement passer par MonAccompagnateurRénov' pour avoir des aides ?
Pour la rénovation d'ampleur, l'accompagnement par un opérateur agréé devient obligatoire. Sans lui, pas de dossier complet. Pour la PAC, le parcours par geste reste possible sans accompagnateur.
Les copropriétés peuvent-elles vraiment emprunter facilement ?
Le prêt collectif arrive justement pour simplifier ça. La copropriété emprunte, rembourse via les charges, et chaque copropriétaire garde sa quote-part. À suivre de près.
Un mot d'encouragement pour les autres lecteurs ?
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Manon a débuté en presse déco parisienne avant de fonder son magazine indépendant. Elle rénove son appartement lyonnais depuis six ans avec son conjoint ébéniste. Passionnée de patines à la chaux et de céramiques d’atelier.